Enquêtes

Crimée : au cœur d’une guerre de civilisations

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Cela fait maintenant huit ans que la Crimée est sous contrôle russe. Petite péninsule appartenant autrefois à l’Ukraine, symbolique par son histoire millénaire et stratégique par sa localisation, l’annexion de ce territoire par Vladimir Poutine avait déclenché l’ire et la mise en place de sanctions de la part du camp occidental. Conquise par Catherine la Grande au XVIIIe siècle, elle avait été abandonnée à l’Ukraine lors de la chute de l’URSS en 1991, et revêtait donc une forte valeur symbolique : celle « de toutes les Russies », d’un empire transcontinental. Empire allant jusqu’aux symboliques « mers chaudes » auxquelles la Russie n’avait jamais eu accès, et concrétisé par un des seuls ports en eaux profondes de la région : celui de Sébastopol. Aujourd’hui, rattachée à la Russie, la Crimée est le théâtre d’une guerre sans merci : celle de l’Eurasie face à l’Occident, une guerre de civilisations.
 
Le Taurid’Art : festival culturel d’une russité offensive 

La période actuelle voit rarement les journalistes européens enquêter dans les profondeurs des prairies sèches de Crimée. La présence de l’équipe d’OMERTA n’a d’ailleurs pas manqué d’intriguer Sergueï Novikov, le directeur des projets publics au Kremlin. C’est lui qui a la charge d’organiser l’édition 2022 du festival musical du Taurid’Art, devenu, depuis l’annexion de la Crimée par la Russie, un événement majeur de promotion culturelle russe. « Les jeunes ici ont même composé une chanson qui a pour titre ‘Vous ne nous supprimerez pas’, se réjouit-il. La culture russe ne peut être supprimée. Les tentatives actuelles de circonscrire le monde russe sont superficielles. Nous sommes certains que cela se terminera inévitablement par un fiasco, et que la culture russe deviendra une partie pleine et entière du patrimoine culturel mondial, comme il se doit ». C’est précisément cet aspect culturel que sont venus scruter Armand Gregorian et son équipe. Car le projet est méconnu dans le paysage médiatique occidental, alors …

La rédaction d'OMERTA

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