Économie

Chypre, paradis des grandes fortunes russes

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Indépendante du Royaume-Uni depuis 1960, l’île de Chypre est en partie occupée par la Turquie depuis 1974. L’autre partie, habitée par une population grecque de 1,3 million de personnes est membre de l’Union européenne depuis 2004 et a adopté l’euro comme monnaie en 2008. Outre le tourisme, l’île est connue pour ses activités bancaires. 

Une enquête du consortium journalistique ICIJ intitulée « Cyprus Confidential » démontre qu’elle est utile aux grandes fortunes russes, tel Roman Abramovitch, pour contourner une partie des sanctions européennes liées au conflit se déroulant en Ukraine. Au point que l’île est surnommée par certains « Moscou sur Méditerranée ». Cette enquête démontre également la grande difficulté rencontrée par la Banque centrale européenne (BCE) pour contrôler le système bancaire de l’île.

"Passeports dorés"


Selon les journalistes ayant mené cette enquête, 96 Russes frappés de sanctions internationales auraient eu recours ces derniers aux services de sociétés chypriotes capables de les aider à faire sortir une partie de leur fortune de Russie. Autre utilité de l’île : fournir contre espèces sonnantes et trébuchantes des passeports chypriotes et donc de l’Union européenne à des Russes souhaitant disposer d’une double nationalité. C’est ce que l’on appelle un « passeport doré » dans le jargon diplomatique. 2 869 russes auraient bénéficié de ce tour de passe-passe légal. Ce qui en contrepartie a attiré 7 milliards d’euros dans les caisses des banques chypriotes.

En 2020, déjà, c’est plus de 200 milliards d’avoirs russes qui avaient été placé dans des banques chypriotes, portes d’entrées agréées par la BCE, ce qui représente la moitié des avoirs russes en  Europe. Une offensive financière qui nourri les 4 000 avocats de l’île qui est objectivement depuis une vingtaine d’année sous domination historique.

Les commentateurs pointent volontiers l’orthodoxie commune et l’appartenance de Chypre au mouvement des non-alignés dans les années 1960, loin des sirènes …

Jérôme Besnard

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