Géopolitique

Brésil : Lula peut-il encore perdre ?

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Commençons par les faits. Le président actuel du Brésil, Jair Bolsonaro, a atteint le second tour de l’élection présidentielle du Brésil avec 43% des voix. On prédisait pourtant une victoire au premier tour pour son adversaire Lula. Comment expliquez-vous un tel écart entre les sondages et la réalité ?

Les institutions de sondage brésiliens sont une vaste plaisanterie. Depuis dix ans, ils se trompent systématiquement sur les résultats des scrutins présidentiels. En 2018, ils prévoyaient que Bolsonaro serait écrasé par le candidat de la gauche. La même année, ils ont complètement raté le pronostic pour l’élection du gouverneur de Rio de Janeiro. En 2016 et en 2020, ils ont raté la cible concernant l’élection du maire de São Paulo. 

Par ailleurs, il n’est pas exclu qu’ils soient enrôlés par la gauche pour manipuler le corps électoral. Les sondeurs ont créé une sensation de défaitisme chez les électeurs de droite, en particulier les modérés. Ils se sont dits : à quoi bon voter dimanche si Lula va être élu ? J’en connais plusieurs, autour de moi à São Paulo. Se sont déplacés pour voter, les « Bolsonaristes » convaincus et radicaux. 

Au parlement, plusieurs appels sont lancés pour poursuivre en justice les instituts de sondage une fois les élections terminées. 

Selon moi, cette élection est une farce. Lula n’aurait jamais dû y participer, sa place est en prison. Il a été condamné à 12 ans de réclusion, mais ses amis de la Cour Suprême ont profité de la sidération causée par la pandémie pour le libérer et restaurer ses droits politiques. 

 

Quelles ont été les dynamiques de cette campagne présidentielle ? Pourriez-vous nous résumer ses axes majeurs ?

La campagne a tourné autour de trois thèmes majeurs. 

Le premier est la question des libertés. Bolsonaro se pose comme le défenseur des libertés individuelles, contre le confinement et la censure pratiquée, à haute dose, par les magistrats de la Cour Suprême qui ont envoyé en prison journalistes et parlementaires (de droite …

Alexandre de Galzain

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