Autopsie du rap français : le maelström de la libre expression
Présents sous une myriade de plateformes et s’ingérant dans tous les styles musicaux, le rap est devenu la première catégorie musicale écoutée en France selon les plus gros canaux de streaming. Qu’en est-il néanmoins des messages diffusés et de l’imaginaire qu’il suscite auprès du public ? Généalogie sémantique et visuelle d’un style musicale controversé
Paul Beffroy
10 octobre 2022 à 12:19
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« Qui peut prétendre faire du rap sans prendre position » clamait le chanteur Youssoupha dans son titre Memento. L’une des figures de proue du rap conscient décrivait là un phénomène sous-jacent la pratique musicale : la revendication à portée militante. De la contestation douce aux plus grandes dérives, Omerta a cherché à compiler les punchlines les plus révélatrices d’un certain malaise culturel, mais aussi des artistes qui œuvrent pour la crédibilité du rap.
Posture victimaire et séparation
Un élément se dégage immédiatement au fil des visionnages. Comme un sentiment de séparation, de dépossession de l’espace public tant les participants des clips redoublent d’effort pour s’approprier les lieux : les rodéos urbains, les scènes de guérillas provoquées, la mise en avant des armes, la démonstration du matérialisme le plus primaire et de la consommation à tue-tête … Tout est condensé pour nous donner le sentiment d’être étranger à cette dimension parallèle.
La palme d’honneur revient au rappeur Médine, régulièrement conspué pour sa proximité avec les mouvances fréristes de l’islam (notamment avec l’association Havre de Savoir). Il a tenu à se produire au Bataclan, déclenchant la colère des associations de victimes du dramatique attentat de novembre 2015. Celui qui souhaitait « crucifier les laïcards » s’emploie depuis quelques années à formuler des velléités politiques, sans cacher son accointance avec La France Insoumise.
Plus récemment, dans son titre intitulé « Grand Paris », Médine et ses compères brossaient un portrait acerbe de la société française. Visionné par plus de 35 millions de personnes, il est l’un des clips les plus plébiscité par le public francophone.
« J’fais du son pour les cochons végétariens (…) on fête les émeutes quand tu fêtes la Toussaint ». Simple provocation ou volonté assumée de mettre en opposition les populations musulmanes des quartiers prioritaires et la population chrétienne ? Seule les auditeurs statueront, si toutefois …
Paul Beffroy
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Commentaires
Christelle Terzibachian
Il y a 3 mois
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0
Sur ce, je retourne écouter le sacre du printemps ….
Christelle Terzibachian
Il y a 3 mois
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Sur ce, je retourne écouter le sacre du printemps ….