Géopolitique

André Filler : les pays baltes, entre OTAN et russophonie

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Pourriez-vous nous expliquer la disparité qui existe entre les trois pays baltes ? 
 
Nous avons en France une sorte de vision chrome des trois États qui est en partie vraie.Je dirais qu’ily a beaucoup de similitudes entre les États et qu’il y a beaucoup de dissemblances entre les sociétés. 
 
Lorsque je parle de la similitude des États,il estsurtout question des parcours parallèles, de la simultanéité des mouvements indépendantistes dans les années 1990, de l’indépendance en 1991, de l’adhésion à l’Union européenne en 2004 et de l’adhésion à l’OTAN ; tout cela ayant été fait de concert, et de ce point de vue, les trois États baltes se ressemblent effectivementde manière assez prononcée. 
 
En même temps,derrière cette ressemblance entre la condition politique des trois États qui permet de parler des États baltes comme un bloc homogène ;il y a trois sociétés qui sont très différentes. Ellessont régies par des contingences locales, des contingences démographiques surtout, des contingences juridiques également, parce que le droit dans les trois États n’est pas du tout le même : le droit constitutionnel notamment. L’Estonie et la Lituanie ont choisi en 1991 au moment de l’indépendance de restaurer les constitutions d’avant 1940 (suite à l’occupation soviétique puis l’occupation nazie et enfin le retour de l’URSS),il y a donc une sorte de continuité avec la période de la première indépendance de 1920-1940 ; tandis que la Lituanie a préféré bâtir son État-nation à partir d’une table rase. 
 
Enfin, il y a surtout le pourcentage de la population russophone qui est très différent. En Lituanie il y en a moins de 10% de russophones ce qui est relativement peu, alors qu’en Estonie et en Lettonie, on parle d’une fourchette entre 30% et 45% (30% pour l’Estonie et 45% pour la Lettonie). Cela fait que ces États sont réellement bicommunautaires, ce qui n’est pas du tout le cas de la Lituanie. Par ailleurs, en Lituanie la religion catholique a un poids considérable, tandis que dans ses …

La rédaction d'OMERTA

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