À Kiev, l’UE prépare la deuxième année de la guerre

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C’est sous l’assourdissant son des sirènes que se sont précipités les représentants de l’Union Européenne. Déclenchée dans un premier temps à Kiev, puis dans tout le pays, elles ont indiqué la menace aérienne qui planait sur l’Ukraine. Les frappes russes traversent en effet parfois la ligne de front pour s’abattre sur l’arrière-pays. 

Pourtant, dans cette guerre, rien n’est plus important que la diplomatie. C’est grâce à elle que les Russes trouvent des parts de marché pour financer leur guerre, c’est grâce à elle que les Ukrainiens obtiennent des prêts et des armes pour éviter l’annexion. 
Cependant, cette fois-ci, Volodymyr Zelensky n’est pas dans le coup de communication, ou la requête urgente. C’est dans le long-terme que le président ukrainien souhaite investir : il prépare déjà l’après-guerre. L’Ukraine souhaite devenir un État membre de l’Union européenne.

Une marque de soutien 
C’est en juin dernier que Kiev a manifesté sa volonté d’adhérer à l’Union. Objectif ? Reconstruire le pays après la guerre, et ne surtout pas rester isolé diplomatiquement. C’est la raison du déplacement d’une quinzaine de diplomates européens, Josep Borell (chef de la diplomatie européenne), Charles Michel (président du Conseil européen) et Ursula von der Leyen.  
C’est d’ailleurs la quatrième fois que celle-ci vient à Kiev depuis le début du conflit. « Nous sommes là ensemble pour montrer que l’UE se tient fermement aux côtés de l’Ukraine  » a-t-elle déclaré à son arrivée. Evidemment, l’acceptation du déclenchement de la procédure d’admission à l’Union européenne est un signal fort. La Moldavie avait été acceptée elle aussi.  
La visite diplomatique est également l’occasion pour la présidente de la Commission européenne d’annoncer solennellement qu’elle travaillait à un nouveau « train de sanctions » qui suivra les neuf autres déjà mis en place. Celles-ci ont déjà permis, selon elle, de « faire reculer l’économie russe d’une génération ». Ce dixième paquet ferait office de réparations de guerre pour les destructions commises sur le sol ukrainien.

PIB, guerre et corruption 
Pourtant, pas question de tout accepter en bloc. Malgré la guerre, malgré les envois d’engins militaires, les instances européennes n’oublient pas certains paramètres, qui sont aujourd’hui rédhibitoires pour entrer dans l’Union.  
Selon La Tribune, la procédure, même accélérée, pourrait prendre des années, voire des décennies.  Par exemple, la Macédoine du Nord attend depuis dix-huit ans, l’Albanie depuis neuf ans. Pourquoi ? Parce qu’au-delà des innombrables procédures, trois problèmes de taille se posent : la guerre actuelle, l’harmonisation des PIB et la corruption.  
L’Union européenne est certes bien distincte de l’OTAN : les traités n’ont, pour l’instant, pas de portée géostratégique ou militaire. Alors, que prévoit l’institution dans le cas de l’attaque d’un pays-membre ? Les autres États auraient pour devoir de lui « prêter assistance » d’une façon ou d’une autre. De facto, on ne serait plus très loin de l’entrée en guerre. Inconcevable pour les Européens, qui ont exclu dès le début du conflit une attaque de la Russie si le conflit ne changeait pas d’intensité.  
Mais, en admettant la fin de la guerre, le parcours de Volodymyr Zelensky serait loin d’être achevé. En effet, l’Ukraine présente la double caractéristique d’être le pays le plus pauvre en PIB par habitant (derrière la Moldavie), et le plus corrompu de toute l’Europe. De plus, malgré les dizaines de milliards envoyés aux Ukrainiens, le pays souffrira de toute façon d’un choc démographique négatif et les réparations de guerre ne seront pas intégralement payées par l’Occident. 
Sur le second, il apparaît que la guerre a permis une relative prise de conscience du caractère l’insupportable de la corruption. Le pays a grimpé d’une place dans le classement de Transparency International, et a réalisé deux purges au cours de l’année passée. Cependant, la corruption reste systémique dans le pays, et gangrène encore toutes les strates de la société. Concrètement, la visite des représentants de l’Union européenne à Kiev a tout de l’effet d’annonce, pour une procédure encore bien longue.  

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