Le journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis son arrestation lors d’un reportage en Kabylie, devrait recevoir dans les prochains jours une première visite consulaire française depuis sa récente incarcération. Cette annonce intervient alors que les relations entre Paris et Alger restent profondément dégradées malgré plusieurs tentatives d’apaisement diplomatique entre les deux capitales.
Journaliste indépendant spécialisé dans le football africain et collaborateur de plusieurs médias français, Christophe Gleizes avait été arrêté au printemps 2024 alors qu’il enquêtait notamment sur la JS Kabylie et certains réseaux liés au football algérien. Les autorités algériennes l’accusent d’« apologie du terrorisme » en raison d’échanges avec des personnalités liées au MAK, mouvement autonomiste kabyle classé organisation terroriste par Alger depuis 2021. Après plusieurs mois de contrôle judiciaire, il a finalement été condamné à sept ans de prison, peine confirmée en appel fin 2025.
L’affaire est rapidement devenue un symbole de la détérioration spectaculaire des relations franco-algériennes. Depuis près de deux ans, les tensions s’accumulent entre les deux pays autour de plusieurs dossiers explosifs : immigration, mémoire coloniale, Sahara occidental, expulsions diplomatiques et arrestations de ressortissants franco-algériens. Le soutien affiché de Paris à la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental avait notamment provoqué une crise majeure avec Alger, entraînant un gel partiel des relations diplomatiques.
Du côté français, plusieurs organisations de défense de la presse et une partie du monde politique dénoncent une condamnation disproportionnée et politiquement motivée. Reporters sans frontières considère que les accusations reposent sur des bases extrêmement fragiles et accuse Alger d’utiliser ce dossier comme moyen de pression dans le bras de fer diplomatique avec Paris. Le journaliste a récemment renoncé à son pourvoi en cassation afin de ne pas compromettre une éventuelle grâce présidentielle accordée par Abdelmadjid Tebboune.
L’exécutif français tente désormais d’obtenir une sortie de crise discrète. Emmanuel Macron a récemment annoncé le retour de l’ambassadeur français à Alger après plus d’un an de rappel diplomatique, signe d’une volonté de rétablir un minimum de dialogue avec le régime algérien. Selon plusieurs sources diplomatiques, la situation de Christophe Gleizes fait désormais partie des priorités consulaires françaises dans le cadre de cette fragile phase de réchauffement bilatéral.





