Ghislaine Maxwell, condamnée pour son rôle central aux côtés de Jeffrey Epstein, a refusé de répondre aux questions d’une commission de la Chambre des représentants américaine lors d’une audition à huis clos. Selon le président républicain de la commission, James Comer, la détenue a invoqué le Cinquième amendement de la Constitution, qui permet de garder le silence afin de ne pas s’auto-incriminer.
Cette audition, organisée en visioconférence depuis la prison texane où elle purge une peine de vingt ans, devait permettre aux parlementaires d’interroger l’ancienne compagne d’Epstein sur les crimes commis et sur d’éventuels complices. Elle s’est toutefois limitée à quelques minutes, Maxwell refusant toute réponse. Pour James Comer, cette attitude était attendue mais reste « très décevante », compte tenu de l’ampleur du scandale et des zones d’ombre persistantes.
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Par l’intermédiaire de son avocat, Ghislaine Maxwell a toutefois laissé entrevoir une possible rupture du silence. Elle se dit prête à témoigner « pleinement et honnêtement » à condition d’obtenir une grâce présidentielle de Donald Trump. Son conseil affirme qu’elle pourrait alors expliquer pourquoi « le président Trump et le président Clinton sont innocents de tout méfait », estimant que seule Maxwell serait en mesure d’apporter ces éclaircissements à l’opinion publique.
Cette position intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par la publication récente de millions de pages issues du dossier Epstein par le ministère américain de la Justice. Les autorités avaient prévenu que ces documents ne contenaient pas d’éléments nouveaux susceptibles de déboucher sur de nouvelles poursuites, mais leur diffusion a ravivé l’embarras de nombreuses personnalités politiques et économiques.
La commission parlementaire a par ailleurs convoqué Bill Clinton et Hillary Clinton pour des auditions séparées à la fin du mois, afin d’éclaircir leurs liens passés avec Jeffrey Epstein. Les Clinton ont demandé que ces auditions soient publiques, dénonçant par avance toute tentative d’instrumentalisation politique. Donald Trump comme Bill Clinton reconnaissent avoir fréquenté Epstein par le passé, tout en assurant avoir rompu tout contact bien avant l’éclatement de l’affaire.
Pour plusieurs élus démocrates, la stratégie de Ghislaine Maxwell est limpide : faire comprendre que son silence a un prix. Une posture qui alimente encore un peu plus les soupçons autour d’un dossier où, malgré les condamnations déjà prononcées, la vérité complète semble toujours hors de portée.





