Plus de 200 militants internationaux, venus participer à une marche de solidarité avec Gaza, ont été arrêtés ou expulsés d’Égypte ces derniers jours. Les participants, originaires de près de 80 pays, espéraient se rendre dans la péninsule du Sinaï pour marcher jusqu’au point de passage de Rafah afin de dénoncer le blocus israélien et appeler à un cessez-le-feu. Le collectif organisateur affirme avoir engagé des démarches diplomatiques avec une quinzaine d’ambassades et le ministère égyptien des Affaires étrangères pour garantir le bon déroulement de l’opération.
Le Caire justifie les expulsions par le non-respect des procédures d’entrée et l’absence d’autorisations pour se rendre dans une zone hautement sensible. Selon des sources aéroportuaires, 73 ressortissants étrangers ont été renvoyés vers Istanbul et une centaine d’autres seraient en attente d’expulsion. Les vidéos postées par des militants algériens expulsés témoignent de leur colère : « Vous avez vendu Gaza pour des dollars », criaient-ils sur le tarmac de l’aéroport.
Malgré ces mesures, les organisateurs assurent que la marche se poursuivra. Plusieurs milliers de participants sont déjà arrivés en Égypte, et une caravane partie de Tunisie traverse actuellement la Libye en direction de Rafah. L’exécutif de l’Est libyen a exprimé son soutien à cette initiative, tout en rappelant que les règles égyptiennes devaient être respectées. Le convoi baptisé « Soumoud » entend maintenir la pression pour l’ouverture du passage frontalier et l’acheminement de l’aide humanitaire.
Israël a exigé des autorités égyptiennes qu’elles bloquent les manifestants, qualifiant cette marche de « menace sécuritaire » et ses participants de « djihadistes ». Tel-Aviv estime que cet événement risque de déstabiliser les régimes arabes modérés de la région. Le ministère israélien de la Défense a par ailleurs renforcé les dispositifs militaires à la frontière avec Gaza.
L’Égypte, officiellement opposée au blocus, souligne que la fermeture du point de passage de Rafah résulte d’une prise de contrôle israélienne du côté palestinien. Le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé que toute manifestation étrangère devait obtenir une autorisation préalable. Il insiste également sur son droit souverain de contrôler les déplacements dans les zones sensibles du territoire.
Sur le terrain, la situation humanitaire à Gaza ne cesse de se dégrader. Près d’un demi-million de Palestiniens seraient menacés de famine et un million d’autres vivent dans une précarité alimentaire extrême. Si les appels à lever le blocus se multiplient, les autorités israéliennes restent inflexibles, rejetant les conclusions alarmantes des organismes internationaux.





