Portugal : Luis Montenegro reconduit Premier ministre malgré la percée de la droite nationale

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Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa a confirmé jeudi la reconduction de Luis Montenegro au poste de Premier ministre, après la victoire relative de son alliance de centre droit aux élections législatives anticipées du 18 mai.

Arrivée en tête avec 91 sièges sur 230, l’Alliance démocratique (AD), conduite par Montenegro, reste néanmoins loin de la majorité absolue, ce qui contraindra le gouvernement à composer avec une opposition renforcée.

L’exécutif devra désormais faire face à une configuration inédite : le parti Chega, formation de droite nationale fondée il y a six ans, devient la première force d’opposition avec 60 députés, contre 50 précédemment. Son leader, André Ventura, s’est félicité d’un « changement profond dans le système politique portugais » et a promis une opposition « responsable ». Il a cependant exhorté Montenegro à rompre avec le Parti socialiste (PS), relégué à la troisième place avec 58 sièges.

La nomination de Montenegro intervient dans un contexte politique tendu. Le Premier ministre sortant s’était soumis à un vote de confiance en mars, qu’il avait perdu à cause de soupçons de conflit d’intérêts. L’échec de ce vote avait conduit à la dissolution du Parlement et à la tenue de nouvelles élections. Malgré ce revers, Montenegro a su mobiliser une partie de l’électorat lassé par les divisions de la gauche et les scandales.

Le PS, en pleine recomposition après la démission de son secrétaire général Pedro Nuno Santos, prépare une élection interne fin juin pour désigner son nouveau leader. José Luis Carneiro, seul candidat déclaré pour l’instant, a promis une opposition constructive et ouverte au dialogue avec la majorité.

À l’horizon, de nouveaux scrutins s’annoncent déjà avec les élections municipales à l’automne et la présidentielle en début d’année prochaine. Dans ce climat de recomposition, Chega continue de capitaliser sur la colère antisystème. La droite traditionnelle, quant à elle, devra prouver qu’elle peut gouverner sans céder aux sirènes populistes, dans un Parlement fragmenté et sous haute tension.

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