Pyongyang continue de défier la communauté internationale. Ce jeudi 22 mai au matin, l’armée nord-coréenne a procédé au tir de plusieurs missiles de croisière en direction de la mer de l’Est – appelée mer du Japon en dehors de la péninsule – depuis la région de Sondok, dans la province du Hamgyong du Sud, selon l’état-major interarmées sud-coréen.
Ces tirs, survenus vers 9h locales, ont aussitôt été détectés par les radars sud-coréens, tandis que les services de renseignement de Séoul et de Washington mènent une analyse conjointe pour déterminer la portée, le type exact et la signification stratégique de cette manœuvre. Il s’agit de la deuxième démonstration de force nord-coréenne en deux semaines, après le lancement de missiles balistiques de courte portée le 8 mai.
Contrairement aux missiles balistiques, les missiles de croisière ne sont pas explicitement interdits par les résolutions des Nations unies. Capables de voler à basse altitude et propulsés par un moteur à réaction, ils sont plus difficiles à détecter et peuvent être dirigés avec précision. Cela n’enlève rien à leur dangerosité, surtout dans un contexte régional tendu.
Pyongyang semble poursuivre sa stratégie de pression, renforcée par un partenariat militaire avec Moscou. Depuis la signature en juin 2024 d’un traité de défense mutuelle entre la Corée du Nord et la Russie, les deux pays s’engagent à s’apporter une assistance militaire immédiate en cas d’agression, et à résister ensemble aux sanctions occidentales. Une alliance qui ravive l’inquiétude de Tokyo, Séoul et Washington.
La multiplication des essais nord-coréens, notamment ceux de missiles potentiellement destinés à l’exportation vers la Russie, alimente les spéculations sur un possible échange d’armes dans le cadre de la guerre en Ukraine. Ces tirs pourraient aussi viser à tester les défenses sud-coréennes et américaines dans la région, tout en envoyant un signal politique à l’Occident.
Si les missiles lancés ce jeudi n’ont causé aucun dégât ni franchi les limites maritimes internationales, leur portée symbolique est forte : Pyongyang rappelle, une fois de plus, qu’il reste un acteur imprévisible et militairement actif, capable de bouleverser à tout moment l’équilibre déjà précaire de l’Asie du Nord-Est.





