Trump-Ramaphosa : un face-à-face sous tension dans une relation au bord de la rupture

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Ce mercredi 21 mai, la rencontre entre Donald Trump et Cyril Ramaphosa à la Maison-Blanche s’annonce aussi tendue que décisive.

Derrière la poignée de main protocolaire, les contentieux s’accumulent entre les États-Unis et l’Afrique du Sud : accusation de « génocide » des fermiers blancs, expulsion de diplomates, divergences sur Gaza, proximité avec les BRICS… Jamais les relations bilatérales n’avaient été aussi détériorées depuis la fin de l’apartheid.

À l’origine du brasier diplomatique : une loi sud-africaine sur l’expropriation de terres agricoles détenues par la minorité afrikaner, une mesure que Donald Trump, poussé par Elon Musk, qualifie de « persécution raciale ». Washington a depuis accueilli un premier contingent de réfugiés afrikaners, alimentant les tensions. Cyril Ramaphosa dénonce une « désinformation » orchestrée, et demande à rétablir un dialogue fondé sur les faits.

Au-delà des polémiques identitaires, c’est l’avenir économique de l’Afrique du Sud qui est en jeu. Le pays veut éviter la suspension de l’AGOA, un accord commercial stratégique qui lui permet un accès préférentiel au marché américain. Si Trump décidait de couper ce lien, les conséquences sur l’emploi agricole et l’industrie sud-africaine seraient désastreuses.

Le président sud-africain joue donc la carte de la diplomatie économique, misant sur les ressources minières de son pays – manganèse, chrome, platine – pour raviver la relation bilatérale. Des accords pourraient être envisagés, à l’image des contrats énergétiques déjà signés par Washington avec d’autres partenaires stratégiques comme l’Ukraine.

Mais Pretoria reste aussi dans le viseur américain pour sa ligne diplomatique jugée trop alignée sur Moscou et Pékin. Membre actif des BRICS, l’Afrique du Sud a enfoncé le clou en poursuivant Israël pour « génocide » devant la Cour internationale de justice. Une démarche que l’administration Trump, viscéralement pro-israélienne, considère comme une trahison pure et simple.

L’hostilité est telle que Donald Trump menace de boycotter le sommet du G20 prévu en novembre à Johannesburg, un coup dur symbolique pour Ramaphosa qui espérait ce sommet comme vitrine de son leadership régional.

Malgré ce climat délétère, Pretoria refuse la rupture. Accompagné de plusieurs ministres, Ramaphosa entend user de son sens du compromis pour « réinitialiser » les relations. Il espère que des intérêts partagés – notamment les minerais stratégiques – suffiront à rouvrir le dialogue.

Mais avec une Maison-Blanche fermée au multilatéralisme et convaincue que Pretoria fait le jeu de la Chine et de la Russie, l’Afrique du Sud n’aura sans doute que peu de marge. Une chose est sûre : l’issue de cette rencontre ne sera pas anodine. Elle dira si Washington considère encore Pretoria comme un partenaire ou comme un adversaire stratégique sur le continent africain.

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