Présidentielle en Roumanie : George Simion conteste les résultats et dénonce une « élection sous influence »

Date:

Deux jours après sa défaite au second tour de l’élection présidentielle roumaine, George Simion ne lâche rien. Le chef du parti AUR, figure montante du souverainisme roumain, a annoncé mardi 20 mai le dépôt d’un recours officiel auprès de la Cour constitutionnelle pour obtenir l’annulation du scrutin, évoquant des « ingérences extérieures massives » dans le processus électoral.

Parmi les acteurs pointés du doigt : la France, la Moldavie, et plus largement certains cercles pro-européens accusés d’avoir « orchestré une campagne d’influence » en faveur de Nicusor Dan.

Avec 46,4 % des voix contre 53,6 % pour son adversaire, George Simion avait initialement reconnu sa défaite par souci d’apaisement. Mais il affirme désormais disposer de « preuves irréfutables » montrant que le scrutin n’a pas été équitable. « J’ai préféré ne pas jeter de l’huile sur le feu dimanche soir. Mais le peuple a le droit à la vérité », a-t-il déclaré. L’ancien leader de l’opposition accuse notamment des services de renseignement occidentaux d’avoir instrumentalisé des plateformes numériques pour faire basculer l’opinion.

Les accusations prennent une tournure explosive avec l’implication présumée de la France. George Simion a relayé les propos du fondateur de Telegram, Pavel Durov, affirmant avoir été approché par un haut responsable des renseignements français pour censurer des comptes conservateurs roumains avant l’élection. Des révélations qui jettent une ombre sur l’impartialité du scrutin, dans un pays déjà marqué par l’annulation d’un précédent vote en novembre dernier pour ingérence étrangère, à l’époque attribuée à la Russie.

La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) a rapidement démenti ces allégations, mais le mal est fait. L’opinion publique roumaine, profondément méfiante envers les élites pro-Bruxelles, pourrait se montrer réceptive aux arguments du candidat souverainiste.

L’élection présidentielle était censée tourner la page d’une longue période d’instabilité, mais le recours de George Simion ravive les tensions dans une Roumanie fracturée. À 38 ans, cet ancien activiste devenu le principal porte-voix de la Roumanie conservatrice, incarne la défiance envers l’ordre établi et les institutions européennes jugées intrusives.

« Je suis un combattant, pas une mauviette », a-t-il lancé à ses soutiens sur TikTok, promettant d’aller jusqu’au bout pour « rétablir la démocratie et la souveraineté nationale ». Il appelle désormais ses partisans à la mobilisation pacifique, refusant de se plier à ce qu’il considère comme un « coup électoral ».

Fort de sa percée spectaculaire au premier tour, George Simion entend bien rester la figure centrale de l’opposition. Son recours pourrait non seulement remettre en cause la légitimité de Nicusor Dan, mais aussi poser un jalon décisif pour l’avenir politique du pays, à l’heure où la Roumanie cherche à redéfinir sa place entre Bruxelles, Washington et ses propres intérêts nationaux.

Inscription Newsletter

Derniers articles

spot_img