Réunis à Rome, cinq dirigeants de l’opposition rejettent la rébellion de Joseph Kabila et toute modification de la Constitution susceptible de prolonger le pouvoir de Félix Tshisekedi. Ils demandent à rencontrer les deux hommes pour relancer un dialogue national.
La Coalition Article 64 (C64) a arrêté sa position le 27 octobre, à l’issue d’un conclave tenu à Rome : ni conquête du pouvoir par les armes, ni changement constitutionnel permettant un troisième mandat présidentiel. Dans sa déclaration, l’alliance appelle à un dialogue « inclusif » et annonce vouloir rencontrer Félix Tshisekedi et Joseph Kabila. Le communiqué, lu par l’opposant politique du parti Envol, Delly Sesanga, tente de tracer une voie entre le pouvoir et l’ancien président désormais à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN).
Une opposition entre deux lignes rouges
La C64 rassemble cinq figures : Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga. Elle affirme qu’aucune solution militaire ne peut régler la crise et réclame le respect de la Constitution, alors que l’Assemblée nationale vient d’adopter la loi organisant le référendum. La coalition s’oppose à toute révision qui toucherait aux limites des mandats et à tout report des élections prévues en 2028.
L’article 220 de la Constitution protège notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels. Félix Tshisekedi, élu en 2018 puis réélu en 2023, exerce son second mandat. Ses adversaires redoutent qu’une réforme constitutionnelle ouvre la voie à une nouvelle candidature.
Le choix des armes complique le dialogue
Le contexte a basculé le 12 octobre, lorsque Joseph Kabila a pris la tête du FRN, formé autour de l’AFC/M23. La coalition rebelle contrôle notamment Goma et Bukavu depuis les offensives de 2025. Kinshasa et des experts de l’ONU accusent le Rwanda de soutenir le M23 ; Kigali conteste ces accusations. Kabila, président de 2001 à 2019, a été condamné à mort par contumace par la justice militaire congolaise en 2025, pour trahison et crimes de guerre, des accusations qu’il rejette.
La C64 refuse de cautionner cette voie armée, sans pour autant s’aligner sur Félix Tshisekedi. Elle demande une rencontre avec les deux protagonistes pour obtenir un processus politique qui inclurait les acteurs armés et non armés. Or, le dialogue national annoncé par le président en août excluait les groupes armés, ce qui limite d’emblée les chances d’un accord accepté par tous.
Valentin Huard





