RDC : les éco-gardes en première ligne pour sauver les forêts de l’Est

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À Virunga et Kahuzi-Biega, la biodiversité est menacée par les groupes armés, le braconnage et l’exploitation illégale des ressources. La guerre réduit les patrouilles et fragilise les communautés riveraines.

Dans l’est de la RDC, protéger la forêt relève souvent d’une mission à haut risque. Les éco-gardes surveillent des habitats uniques, mais l’insécurité les empêche parfois d’accéder aux secteurs qu’ils doivent préserver.

Le Parc national des Virunga couvre 7 900 km². Classé au patrimoine mondial depuis 1979, il reste sur la liste des sites en péril de l’Unesco. En mars 2024, les combats ont rendu de vastes zones inaccessibles. L’arrêt du tourisme, les déplacements de population et la production illégale de charbon de bois accentuent la pression sur les écosystèmes.

Une protection affaiblie par la guerre

À Kahuzi-Biega, qui s’étend sur 600 000 hectares et abrite les gorilles de Grauer, sous-espèce menacée, l’Unesco signale qu’une attaque de groupes armés, fin février 2026, a vidé le dépôt d’armes des éco-gardes. Leur capacité à protéger le parc s’en trouve réduite. L’organisation relève aussi la recrudescence du braconnage et des activités illégales. En 2025, 1 414 kilos d’ivoire ont été saisis. L’inventaire de 2024 dans le secteur de Tshivanga a recensé 64 espèces, mais aussi une canopée fermée à seulement 26 %, signe d’une dégradation écologique avancée.

Des groupes armés tirent des revenus de l’exploitation des ressources et du contrôle de territoires. Dans le même temps, des ménages riverains dépendent du bois-énergie pour cuisiner et de la forêt pour vivre. Sans alternatives abordables, les interdictions seules risquent de déplacer la pression plutôt que de la réduire.

Protéger aussi ceux qui protègent

Les éco-gardes travaillent dans des conditions difficiles, parfois loin de leurs familles et sans accès à certaines zones. À Virunga, six gardes ont été tués lors d’une embuscade en janvier 2021. En 2026, l’Unesco a de nouveau alerté sur l’insécurité et les limites de la surveillance à Kahuzi-Biega. La protection du patrimoine naturel dépend aussi de la sécurité, de la formation et de la rémunération des agents.

La conservation ne peut ignorer les besoins des populations. L’Unesco recommande une stratégie coordonnée associant autorités, justice, communautés riveraines et partenaires financiers. Une énergie plus abordable, des revenus alternatifs et une gestion transparente des parcs sont nécessaires pour réduire la dépendance aux ressources forestières. À l’est de la RDC, sauver la biodiversité suppose aussi de restaurer la sécurité et la confiance autour des aires protégées.

Martin Alliot

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