En RDC, la colère des creuseurs met à l’épreuve la réforme du secteur minier

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Depuis le 19 octobre, des manifestations de creuseurs artisanaux paralysent plusieurs quartiers de Kolwezi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo. Ils dénoncent les contrôles et la fermeture de comptoirs d’achat, qui compliquent, selon eux, la commercialisation de leurs minerais. L’enjeu : formaliser l’exploitation sans priver les travailleurs de leurs revenus.

À Kolwezi, les manifestations du lundi 19 octobre ont perturbé les activités dans plusieurs quartiers, notamment à Luilu, Kasulo, UCK, Tshala, Kanina, Musonoie et Kazembe. Les protestataires dénoncent les contrôles menés dans les entités de traitement et les comptoirs d’achat. Des pneus ont été brûlés, des véhicules caillassés et la circulation perturbée.

Des coups de feu auraient été entendus en marge des affrontements entre manifestants et forces de sécurité près de Kamoto Copper Company. La Nouvelle société civile congolaise fait également état de décès, sans qu’aucun bilan ait pu être confirmé auprès des autorités.

Des zones promises, mais encore attendues

Les creuseurs dénoncent les restrictions pesant sur la vente de leurs minerais et la fermeture de comptoirs qui les empêchent d’écouler leur production. Ils réclament la mise en œuvre effective des 33 zones d’exploitation artisanale (ZEA) annoncées par le gouvernement. Plusieurs contestent leur déplacement vers Kasulo depuis le site T17. À Kamilombe, des exploitants s’inquiètent de devoir quitter leurs lieux de travail sans disposer, selon eux, d’une solution de remplacement offrant des conditions d’exploitation satisfaisantes.

Le ministère des Mines a évoqué une relocalisation vers la ZEA 786 de Kasulo. Les travaux d’aménagement du site ont été lancés en juillet par le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE). Les creuseurs jugent toutefois leur avancement trop lent.

Ces tensions surviennent alors que l’État cherche à renforcer le contrôle d’une filière exposée à l’exploitation illégale et aux circuits opaques. Au cœur de la ceinture du cuivre et du cobalt, Kolwezi se trouve ainsi au croisement d’enjeux économiques locaux et d’intérêts industriels mondiaux.

Pour Kinshasa, la sortie de crise dépendra de sa capacité à clarifier les règles, à rendre les zones artisanales effectivement exploitables et à garantir aux creuseurs des débouchés légaux.

Jules Bléno

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