Jean-Noël Barrot en RDC : à Bunia, la diplomatie française face à l’urgence Ebola

Date:

En déplacement les 2 et 3 octobre en RDC, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a partagé sa visite entre Kinshasa et Bunia, au cœur de l’épidémie d’Ebola. Une séquence sanitaire qui intervient alors que Paris cherche aussi à maintenir le dialogue avec Kinshasa dans un contexte sécuritaire et politique tendu.

Jean-Noël Barrot est de retour en RDC. Neuf mois après une première visite effectuée dans l’urgence, quelques jours après la prise de Goma par l’AFC/M23, le chef de la diplomatie française a effectué les 2 et 3 octobre un nouveau déplacement dans le pays. Cette fois, l’étape la plus symbolique n’était pas Kinshasa, mais Bunia, capitale de l’Ituri et épicentre de la dix-septième épidémie d’Ebola enregistrée en RDC.

À Kinshasa, le programme était pourtant loin de se limiter à la crise sanitaire. Jean-Noël Barrot devait notamment rencontrer les responsables de la MONUSCO et s’entretenir avec le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, au sujet de plusieurs dossiers sensibles, dont l’enquête sur la mort de l’humanitaire française Karine Buisset, tuée à Goma en mars dernier. Les violences ayant accompagné plusieurs manifestations de l’opposition à Kinshasa figuraient également parmi les sujets susceptibles d’être abordés.

Aucune audience avec Félix Tshisekedi n’était toutefois annoncée pour ce déplacement, contrairement à la visite de janvier. Le ministre français devait finalement rencontrer sa nouvelle homologue congolaise, Thérèse Wagner, avant son départ.

À Bunia, l’urgence sanitaire au cœur du déplacement

C’est à Bunia que Jean-Noël Barrot a concentré l’essentiel de son déplacement. Accompagné du professeur Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’Institut national de recherche biomédicale et figure majeure de la lutte contre Ebola, il s’est rendu auprès des équipes engagées dans la riposte.

Au 2 octobre, plus de 8 300 cas avaient été recensés et 4 018 personnes étaient mortes, selon les données relayées par les autorités congolaises. L’épidémie, partie de l’Ituri, s’est étendue à plusieurs autres provinces. Dans certaines zones, les violences armées compliquent directement la surveillance, l’isolement des malades et le suivi des contacts.

Le ministre français a notamment visité un centre de traitement géré par l’ONG française Alima, rencontré des acteurs de terrain et visité un laboratoire de l’INRB. La France avait consacré 13,4 millions d’euros à la lutte contre Ebola entre janvier et juillet 2026. Washington a, de son côté, annoncé 267 millions de dollars supplémentaires.

À Bunia, Jean-Noël Barrot a voulu donner une portée politique à cette présence. « L’aide de la France » dans la lutte contre Ebola est « indispensable », a-t-il déclaré, alors que les autorités congolaises affirmaient parallèlement que la situation commençait à s’améliorer dans certaines zones.

Le déplacement intervient quelques jours avant la septième conférence nationale humanitaire, que Jean-Noël Barrot doit ouvrir à Paris le 6 octobre. La séquence congolaise permet à Paris de faire le lien entre son agenda humanitaire et sa volonté de maintenir une présence diplomatique en Afrique centrale.

Martin Alliot

Inscription Newsletter

Derniers articles

spot_img