À l’ONU, la Russie veut accélérer la fin du monde dominé par l’Occident

Date:

Devant l’Assemblée générale des Nations unies, Sergueï Lavrov porte un message désormais central dans la diplomatie russe : l’ordre international construit autour de la domination occidentale doit céder la place à un système multipolaire. Le ministre russe des Affaires étrangères multiplie les rencontres à New York pour illustrer ce repositionnement stratégique.

Sergueï Lavrov arrive à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies avec ce message, après plusieurs jours de rencontres diplomatiques particulièrement denses à New York. Il doit s’exprimer ce samedi 26 septembre.

La délégation russe entend notamment défendre une nouvelle architecture de sécurité en Eurasie, présentée par Moscou comme « égale et indivisible ». La Russie réclame également une réforme des institutions financières internationales et affirme vouloir combattre les mécanismes qu’elle considère comme hérités du colonialisme. Cette stratégie s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer les relations avec les pays qui refusent de s’aligner systématiquement sur les États-Unis ou l’Union européenne.

Le programme de Lavrov illustre ce repositionnement. À New York, le chef de la diplomatie russe a prévu plusieurs dizaines de rencontres avec des représentants de pays comme l’Inde, le Brésil, l’Iran, l’Algérie ou Cuba, mais également avec les principales organisations internationales. Une manière pour Moscou de démontrer que son isolement diplomatique, régulièrement annoncé en Occident depuis 2022, reste très relatif.

La Russie continue parallèlement de dialoguer avec Washington. Lavrov a notamment rencontré le secrétaire d’État américain Marco Rubio, alors que Donald Trump cherche toujours à ouvrir une voie diplomatique autour du conflit ukrainien. Moscou refuse cependant une simple suspension des combats qui permettrait, selon elle, à Kiev de reconstituer ses forces sans régler les causes profondes du conflit.

Le discours russe trouve également un écho dans une partie du Sud global, où plusieurs gouvernements réclament depuis longtemps une représentation accrue au sein des grandes institutions internationales. La question dépasse donc désormais largement le face-à-face entre Moscou et les capitales occidentales : elle concerne la redistribution progressive du pouvoir diplomatique mondial.

Pour la Russie, la guerre en Ukraine s’intègre ainsi dans un affrontement stratégique beaucoup plus vaste sur l’organisation du système international. Le message que Lavrov doit porter devant l’ONU est clair dans sa logique : Moscou entend continuer à participer aux institutions multilatérales, mais veut modifier un rapport de forces qu’elle juge excessivement favorable aux puissances occidentales.

Inscription Newsletter

Derniers articles

spot_img