À l’approche des élections législatives israéliennes, le Likoud de Benyamin Netanyahou accuse le responsable palestinien Mohammad Dahlan d’avoir tenté d’influencer la campagne. Au cœur de la polémique figure une information publiée par Haaretz selon laquelle le Premier ministre aurait été averti avant l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, une affirmation catégoriquement démentie par son cabinet.
Le Likoud affirme que Mohammad Dahlan est à l’origine d’informations transmises à la presse israélienne concernant un échange présumé entre Benyamin Netanyahou et le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed. Selon Haaretz, ce dernier aurait prévenu le dirigeant israélien, environ une semaine et demie avant le 7 octobre 2023, que le Hamas préparait une opération de grande ampleur. Le cabinet du Premier ministre rejette cette version.
Le parti de Benyamin Netanyahou présente désormais l’affaire comme une tentative d’ingérence étrangère à quelques semaines des législatives. Il accuse Mohammad Dahlan de chercher à affaiblir le gouvernement de droite afin de favoriser ses propres ambitions politiques dans la bande de Gaza. L’ancien responsable palestinien a rejeté les accusations d’ingérence électorale, sans toutefois nier, selon les éléments rapportés, être à l’origine de la fuite.
La formation de Benyamin Netanyahou ne limite pas ses accusations à Mohammad Dahlan. Elle met également en cause Les Démocrates, parti israélien de centre-gauche, en évoquant un versement d’argent au journaliste de Haaretz à l’origine de l’article. Le Likoud s’interroge par ailleurs sur un récent déplacement aux Émirats arabes unis de Yaïr Golan, dirigeant des Démocrates, accompagné de Ronen Bar, ancien chef du Shin Bet et adversaire de Netanyahou.
Ces accusations sont contestées par le camp de Mohammad Dahlan. Le Bloc de la réforme démocratique, formation créée par le responsable palestinien en vue des élections palestiniennes de novembre, considère que la réaction du Likoud traduit les difficultés politiques du camp Netanyahou. À ce stade, les accusations concernant une opération coordonnée destinée à influencer les élections israéliennes restent celles formulées par le parti au pouvoir.
Mohammad Dahlan demeure une personnalité influente de la politique palestinienne. Ancien haut responsable de l’Autorité palestinienne dans la bande de Gaza, il avait perdu son influence sur le territoire après sa prise de contrôle par le Hamas en 2007. Installé depuis aux Émirats arabes unis, il continue de jouer un rôle dans les dossiers régionaux et a notamment participé au plan de paix pour Gaza soutenu par les États-Unis.
L’affaire intervient donc dans une campagne électorale israélienne déjà fortement polarisée autour du bilan de Benyamin Netanyahou et des conséquences du 7 octobre. Pour le Likoud, la polémique ne porte plus seulement sur les responsabilités entourant l’attaque du Hamas, mais sur une possible tentative extérieure de peser sur le scrutin. Les différentes accusations devront toutefois être étayées pour déterminer si elles relèvent effectivement d’une opération d’ingérence ou de la confrontation politique précédant les législatives.





