Tanzanie : le procès pour haute trahison de l’opposant Tundu Lissu reprend après six mois d’interruption

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Le procès de Tundu Lissu, président du Chadema et principale figure de l’opposition tanzanienne, a repris lundi 10 août devant la Haute Cour de Dar es Salaam. Accusé de haute trahison, un crime passible de la peine de mort en Tanzanie, l’opposant conteste les poursuites et sa défense espère désormais obtenir le classement de l’affaire.

Après près de six mois d’interruption, Tundu Lissu a retrouvé le chemin du tribunal. À son arrivée dans la salle d’audience, le dirigeant du principal parti d’opposition tanzanien est apparu souriant, le poing levé. Il a affirmé vouloir profiter de son procès pour dénoncer ce qu’il considère comme les agissements répréhensibles du gouvernement.

La Haute Cour de Dar es Salaam doit désormais déterminer si les éléments présentés par l’accusation sont suffisamment solides pour permettre la poursuite du procès. Dans le cas contraire, les poursuites pourraient être abandonnées.

La défense estime justement que le dossier du parquet a été considérablement fragilisé. Lors d’une précédente audience devant la cour d’appel, l’accusation avait demandé l’ajout de nouveaux éléments de preuve. Une requête rejetée par les magistrats, qui l’avaient jugée « dépourvue de fondement ».

Les avocats de Tundu Lissu considèrent que ces éléments étaient indispensables à l’accusation et que leur exclusion prive désormais le parquet d’une partie essentielle de son dossier. Ils comptent donc demander à la Haute Cour de constater que leur client n’a plus à répondre des accusations portées contre lui et de mettre un terme à la procédure.

Le Chadema dénonce de son côté un procès politique. Sa porte-parole, Brenda Rupia, a notamment mis en cause l’identité d’un témoin présenté devant la justice comme Amin Saeed Mahamba. Selon l’opposition, un homme portant ce nom serait décédé en 2021, ce qui a conduit à une interruption de la procédure afin de vérifier l’identité réelle du témoin.

Le parti conteste également le fondement même de l’accusation de trahison. Brenda Rupia estime qu’une telle infraction devrait impliquer l’existence d’un complot réunissant plusieurs personnes, alors que Tundu Lissu est poursuivi seul. Elle accuse également le pouvoir de la présidente Samia Suluhu Hassan d’exercer une influence excessive sur les institutions judiciaires, des accusations rejetées par les autorités.

Tundu Lissu avait représenté le Chadema lors de l’élection présidentielle de 2025. Arrêté en avril 2026, il est notamment poursuivi pour avoir appelé à empêcher la tenue du scrutin si des réformes du système électoral n’étaient pas adoptées.

L’accusation de haute trahison est particulièrement lourde puisque cette infraction reste passible de la peine de mort en Tanzanie. Son arrestation et son procès ont renforcé les tensions entre le gouvernement et le Chadema, qui accuse régulièrement les autorités de chercher à neutraliser ses principaux dirigeants.

La nouvelle séquence judiciaire doit se poursuivre jusqu’au 7 septembre. La décision de la Haute Cour sur la solidité du dossier de l’accusation sera déterminante : elle pourrait permettre la poursuite du procès de l’un des principaux opposants du pays ou, au contraire, conduire à l’abandon des poursuites.

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