Afrique du Sud : le président Cyril Ramaphosa vacille sous la menace d’une destitution

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Le Congrès national africain, le puissant ANC au pouvoir depuis la fin de l’apartheid, a convoqué une réunion d’urgence de sa direction après la relance officielle de la procédure de destitution visant le président sud-africain Cyril Ramaphosa. Cette crise politique majeure secoue désormais ouvertement le pouvoir sud-africain à quelques mois des élections locales et fragilise un peu plus un parti déjà affaibli par les scandales et l’érosion de son autorité historique.

À l’origine de cette nouvelle tempête politique se trouve l’affaire dite « Phala Phala », du nom de la ferme privée de Ramaphosa où plusieurs centaines de milliers de dollars en liquide avaient été découverts cachés dans un canapé après un cambriolage survenu en 2020. L’opposition accuse le président d’avoir dissimulé l’origine des fonds, contourné les procédures officielles et utilisé des services parallèles pour retrouver les voleurs sans signaler correctement l’affaire aux autorités judiciaires et fiscales.

La Cour constitutionnelle sud-africaine a récemment annulé le vote parlementaire de 2022 qui avait permis à Ramaphosa d’échapper à une procédure de destitution grâce à la majorité absolue de l’ANC à l’époque. Les juges ont estimé que le Parlement avait violé la Constitution en refusant d’approfondir l’enquête malgré l’existence d’éléments crédibles de mauvaise conduite présidentielle. Une commission parlementaire spéciale devra désormais examiner officiellement le dossier.

Cette décision judiciaire place le président sud-africain dans une position particulièrement délicate. Depuis les élections de 2024, l’ANC a perdu sa majorité historique et gouverne désormais au sein d’une coalition fragile avec plusieurs partis centristes et libéraux. Une partie de l’opposition réclame déjà la démission immédiate de Ramaphosa tandis que certains cadres du parti s’inquiètent des conséquences électorales d’un maintien prolongé du scandale.

Cyril Ramaphosa refuse toutefois catégoriquement de quitter le pouvoir. Dans une allocution télévisée, il a dénoncé un rapport « gravement défectueux » et annoncé son intention de contester juridiquement la procédure. Le chef de l’État affirme respecter les institutions sud-africaines tout en dénonçant une instrumentalisation politique destinée à affaiblir son camp à l’approche des prochaines échéances électorales.

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