La Cour suprême freine une loi favorable à Bolsonaro et relance la bataille institutionnelle au Brésil

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La Cour suprême brésilienne a décidé de suspendre provisoirement l’application d’une loi susceptible de réduire la peine de Jair Bolsonaro, relançant la confrontation entre les juges et le camp conservateur de l’ancien président.

Le texte, adopté récemment par le Parlement malgré l’opposition du président Lula, modifie les règles de calcul des peines et pourrait bénéficier aux personnes condamnées après les événements du 8 janvier 2023, lorsque des manifestants bolsonaristes avaient envahi les lieux de pouvoir à Brasilia.

Le Tribunal suprême fédéral a annoncé vouloir examiner la constitutionnalité de cette réforme avant toute entrée en vigueur. Cette décision intervient dans un climat de polarisation extrême, alors que Jair Bolsonaro, condamné en 2025 à plus de vingt-sept ans de prison pour tentative de coup d’État, demeure la principale figure de la droite nationale brésilienne malgré son inéligibilité et son assignation à résidence.

Au Congrès, les alliés de l’ancien chef de l’État avaient célébré l’adoption du texte comme une victoire majeure contre ce qu’ils considèrent comme une dérive politique du pouvoir judiciaire. Plusieurs responsables conservateurs dénoncent depuis des mois l’influence croissante de la Cour suprême dans la vie politique brésilienne, notamment du juge Alexandre de Moraes, devenu l’ennemi numéro un du camp bolsonariste.

La gauche et les soutiens de Lula accusent au contraire la droite de chercher à organiser une amnistie déguisée pour les responsables des violences de janvier 2023. Pour le Parti des travailleurs, permettre un allègement massif des condamnations reviendrait à banaliser une tentative de déstabilisation institutionnelle sans précédent depuis la fin de la dictature militaire.

Cette nouvelle bataille judiciaire révèle surtout l’état de fracture du Brésil à quelques mois d’une présidentielle sous haute tension. Malgré ses ennuis judiciaires, Jair Bolsonaro conserve un poids politique considérable à travers ses réseaux parlementaires, les milieux évangéliques, une partie de l’agrobusiness et plusieurs gouverneurs régionaux. Son entourage espère toujours obtenir à terme une amnistie complète ou une révision de sa condamnation afin de permettre son retour dans le jeu politique.

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