La Thaïlande défie Trump et enfonce le Cambodge dans une guerre frontalière qui s’embrase

Date:

La frontière entre la Thaïlande et le Cambodge s’enfonce un peu plus chaque jour dans un conflit ouvert. Pour le septième jour consécutif, les combats se poursuivent sans relâche, malgré une tentative de médiation directe de Donald Trump, restée lettre morte. Bangkok assume désormais une ligne dure, revendiquant ses frappes aériennes et rejetant toute idée de cessez le feu.

Dimanche, un civil thaïlandais de 63 ans a été tué par des éclats de roquettes dans une zone habitée, selon le ministère thaïlandais de la Défense. Les bilans cumulés font état d’au moins 26 morts depuis le 7 décembre, dont 14 militaires thaïlandais et 11 civils cambodgiens. Des centaines de milliers de civils ont été déplacés de part et d’autre de la frontière, transformant des régions entières en zones quasi désertées.

Sur le terrain, l’armée thaïlandaise revendique des gains territoriaux et justifie ses opérations par la défense de la souveraineté nationale. Phnom Penh accuse de son côté Bangkok de bombardements aériens répétés, notamment à l’aide d’avions de combat F-16, tandis que les autorités thaïlandaises affirment subir des tirs d’artillerie et de roquettes cambodgiennes sur plusieurs provinces frontalières.

La rupture diplomatique est désormais assumée. Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a rejeté toute pression extérieure, allant jusqu’à déclarer qu’il n’avait « plus besoin d’écouter qui que ce soit ». Bangkok a officiellement démenti l’existence d’une trêve annoncée par Donald Trump, pourtant convaincu d’avoir obtenu un accord lors d’échanges téléphoniques avec les dirigeants des deux pays.

La proposition de cessez le feu formulée par la Malaisie a elle aussi été balayée par la Thaïlande, tandis que le Cambodge s’est dit prêt à y souscrire. En parallèle, Phnom Penh a fermé l’ensemble de ses postes-frontière, bloquant des milliers de travailleurs migrants et accentuant la pression humanitaire dans les zones concernées.

Ce nouveau conflit armé s’inscrit dans une rivalité ancienne autour de territoires disputés hérités du tracé colonial français, notamment dans des zones abritant des temples de l’ancien Empire khmer. Après un premier embrasement meurtrier cet été, la reprise des combats révèle l’extrême fragilité des accords de cessez le feu imposés de l’extérieur et l’échec des médiations internationales à contenir des tensions régionales désormais instrumentalisées par les États eux-mêmes.

Inscription Newsletter

Derniers articles

spot_img