Trump va reconnaître la souveraineté russe sur des territoires ukrainiens

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D’après le quotidien britannique The Telegraph, ce point sera même l’objet principal de la visite la semaine prochaine à Moscou de l’émissaire pour l’Ukraine, Steve Witkoff, et d’une délégation dont fera également partie Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.

C’est un signe que le président américain est prêt à aller assez loin pour obtenir la paix en Ukraine. Une source à Washington citée par le Telegraph assure que Trump « s’en fiche de la position des Européens et des Ukrainiens dans cette histoire et qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent ».

De son côté, le président russe a affirmé, comme un écho à un deal en passe d’être conclu, que l’un des points principaux des négociations concernait justement la reconnaissance par les États-Unis des territoires de Crimée et du Donbass, c’est-à-dire des oblasts de Donetsk et de Lougansk. Le premier document préparé par Steve Witkoff et Kirill Dmitriev faisait déjà la part belle à cette reconnaissance, ainsi qu’à celle des régions de Kherson et Zaporojié dans les limites des conquêtes déjà accomplies par les Russes. Il s’opérerait dans ces zones une forme de gel du front.

Cette reconnaissance du Donbass et de la Crimée est donc clef, même si la constitution ukrainienne interdit toute cession du territoire national. Avant de remettre sa démission dans le scandale de corruption qui le touche, le tout-puissant chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, Andrei Yermak, qui devait initialement se rendre ce week-end à Mar-a-Lago en Floride pour négocier avec Witkoff, a précisé qu’« aucune personne ayant toute sa salubrité mentale ne devrait signer un accord qui cède des territoires ». Il a aussi précisé que « tant que Zelensky sera président de l’Ukraine, cela n’aura pas lieu ». De son côté, la coalition des volontaires, réunie cette semaine autour d’Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz, a réaffirmé que les frontières « ne devaient pas être changées par la force » et qu’il s’agissait pour elle d’un « principe fondamental ».

Cette attitude jusqu’au-boutiste des Européens est sans doute à l’origine du désintérêt que Trump affiche à leur égard et de sa volonté de négocier seul avec les Russes, en dépit de la contre-proposition travaillée à Genève avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio.

Cependant, cette issue semblait évidente. Steve Witkoff, dans la conversation qu’il a eue avec Youri Ouchakov en octobre et qui a fuité dans la presse, ne révèle pas de secrets d’État. Il explique néanmoins à son homologue la manière de réussir une conversation avec Donald Trump. Cela montre donc bien que les États-Unis sont plus intéressés à obtenir des résultats avec la Russie et se contrefichent de ce qui peut arriver à l’Ukraine et aux Européens dans cette histoire. Là-dessus, le scandale de corruption qui éclabousse l’équipe Zelensky et le président lui-même avec la démission de Yermak vient à point nommé pour l’affaiblir. Aujourd’hui, et même avec l’aide des Européens, il n’est plus en mesure de dire non à Trump.

Voir aussi : Corruption : Zelensky sur la sellette

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