Israël a fermement rejeté mardi un rapport explosif publié par une commission d’enquête internationale indépendante mandatée par l’ONU, l’accusant de commettre un « génocide » dans la bande de Gaza depuis l’offensive lancée en octobre 2023. Le ministère israélien des Affaires étrangères a dénoncé un document « biaisé et mensonger » et réclamé la dissolution immédiate de cette commission.
Dirigée par l’ancienne juge sud-africaine Navi Pillay, la commission affirme que l’armée et les autorités israéliennes ont commis « quatre des cinq actes constitutifs de génocide » définis par la Convention de 1948, dont le meurtre de membres d’un groupe, la soumission à des conditions de vie menant à sa destruction partielle ou totale, et des mesures visant à entraver les naissances. Elle met directement en cause le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président Isaac Herzog et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, accusés d’avoir « incité » à de tels actes et de ne pas avoir pris de mesures pour les empêcher.
Depuis l’attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023, qui a coûté la vie à 1 219 personnes selon des données officielles, Israël a mené une offensive d’une intensité rare contre Gaza, détruisant une grande partie du territoire. Selon le ministère de la Santé du Hamas, au moins 64 905 personnes ont été tuées dans l’enclave palestinienne, un chiffre jugé crédible par l’ONU, qui a par ailleurs déclaré un état de famine, contesté par Israël.
Pour Navi Pillay, ancienne présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda, « il est clair qu’il existe une intention de détruire les Palestiniens à Gaza ». La commission a d’ailleurs signé un accord de coopération avec la Cour pénale internationale (CPI), à laquelle elle a transmis « des milliers de preuves », ouvrant potentiellement la voie à de nouvelles procédures judiciaires contre des responsables israéliens.
Israël accuse de son côté les membres de la commission de servir de « relais au Hamas », rappelant leurs positions jugées « ouvertement antisémites ». Mais cette enquête s’ajoute à une série d’initiatives judiciaires et diplomatiques visant l’État hébreu : en janvier 2024, la Cour internationale de justice avait déjà enjoint Israël de prévenir tout acte de génocide, et le procureur de la CPI a demandé quelques mois plus tard l’émission de mandats d’arrêt contre Benjamin Netanyahu et Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Alors que les appels se multiplient pour que la communauté internationale agisse, Israël campe sur sa ligne : son offensive vise à « détruire le Hamas » et non le peuple palestinien. Mais la publication de ce rapport risque d’accentuer encore l’isolement diplomatique de l’État hébreu et d’alimenter les procédures internationales engagées contre ses dirigeants.





