Les Malawites se rendent aux urnes ce mardi pour élire leur président, leurs députés et leurs représentants locaux, dans un climat marqué par la lassitude et la pauvreté. Le scrutin oppose essentiellement deux figures connues : le chef de l’État sortant, Lazarus Chakwera, pasteur évangélique de 70 ans, et son prédécesseur, Peter Mutharika, 85 ans, ancien professeur de droit.
Dans un pays où près de 70 % des 21 millions d’habitants survivent avec moins de 2,15 dollars par jour et où l’inflation dépasse 27 %, la campagne a été dominée par les questions économiques. Le secteur agricole, pilier du pays et employeur de plus de 80 % de la population, a été dévasté par deux sécheresses successives et un cyclone, accentuant la pénurie alimentaire et la dépendance aux importations.
Beaucoup d’électeurs considèrent ce scrutin comme un choix contraint entre « deux déceptions ». Chakwera, élu en 2020 après l’annulation pour fraude du scrutin précédent, défend son bilan en promettant une continuité dans les infrastructures et en annonçant récemment une baisse des prix des engrais. Mais il reste critiqué pour son incapacité à enrayer la flambée du coût de la vie et les pénuries chroniques de carburant.
Mutharika, au pouvoir entre 2014 et 2020, tente de capitaliser sur une forme de nostalgie pour ses années de présidence, jugées par certains comme une période de gestion plus stable. Lors de ses meetings, il promet de « sauver le pays » et se présente comme l’homme capable de remettre l’économie sur les rails, malgré son âge avancé et les irrégularités qui avaient entaché son dernier mandat.
La jeunesse, qui représente près de 60 % des électeurs, se montre particulièrement désabusée. Beaucoup expriment leur scepticisme quant à la capacité des deux candidats principaux à transformer leur quotidien. Des organisations civiles tentent de les convaincre d’aller voter, mais l’abstention pourrait être importante.
Si aucun candidat ne dépasse la barre des 50 %, un second tour sera organisé dans les 60 jours. Mais quelle que soit l’issue, le futur président devra affronter un défi immense : redresser une économie exsangue, répondre à l’urgence sociale et restaurer la confiance d’une population qui n’attend plus grand-chose de sa classe politique.





