Présidentielle en Côte d’Ivoire : Ouattara seul en lice après l’exclusion de Gbagbo et Thiam

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Le Conseil constitutionnel ivoirien a validé seulement cinq candidatures pour la présidentielle d’octobre, dont celle du président sortant Alassane Dramane Ouattara, qui brigue un quatrième mandat.

Parmi les recalés, deux poids lourds de l’opposition : Laurent Gbagbo, écarté en raison d’une condamnation judiciaire, et Tidjane Thiam, exclu faute d’inscription électorale. Leur absence fragilise fortement l’équité du scrutin et réduit le champ politique à quelques candidatures de témoignage.

Les partis des deux figures contestent une décision qu’ils jugent politique et dénoncent une volonté du pouvoir de verrouiller l’élection. Le PDCI-RDA, dont Thiam était le candidat, se retrouve sans représentant officiel. Quant au PPA-CI de Gbagbo, il voit dans ce rejet une attaque directe contre le pluralisme. Leurs militants accusent le régime d’utiliser l’appareil d’État et la justice pour écarter les rivaux les plus sérieux du président sortant.

Face à Ouattara, quatre candidats ont été retenus : Simone Ehivet Gbagbo, l’ex-première dame et cheffe du MGC, Henriette Lagou, ancienne ministre de la Famille, l’homme d’affaires Jean-Louis Billon, dissident du PDCI, et Ahoua Don Mello, proche de Gbagbo en rupture avec le PPA-CI. Leur poids politique reste toutefois bien moindre que celui des deux grands absents.

Cette configuration électorale nourrit déjà des tensions. Plusieurs manifestations de l’opposition ont été organisées ces dernières semaines pour réclamer des élections inclusives, malgré les interdictions et la répression policière. « Le peuple voit et saura tirer les leçons », a averti la porte-parole de Laurent Gbagbo, Me Habiba Touré, dénonçant une « parodie d’élection ».

Dans un pays encore marqué par la crise post-électorale de 2010-2011, la perspective d’un scrutin sans véritable rival face à Ouattara alimente les craintes d’une contestation à grande échelle. Les opposants accusent le président de s’offrir un boulevard électoral pour se maintenir au pouvoir, tandis que le pouvoir affirme que la justice a simplement appliqué la loi.

La Côte d’Ivoire, première puissance économique de l’UEMOA, est scrutée par toute la région. Un processus électoral contesté pourrait déstabiliser le pays et fragiliser l’équilibre ouest-africain, à un mois seulement d’un scrutin déjà entaché de soupçons de manipulation.

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