La démocratie turque sous pression : le CHP face à une décision judiciaire décisive

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Le principal parti d’opposition turc, le CHP, attend ce lundi une décision de justice qui pourrait bouleverser sa direction et fragiliser encore davantage la vie démocratique du pays. Accusé de fraudes lors de son congrès de novembre 2023, le parti rejette en bloc ces charges qu’il qualifie de purement politiques.

La veille de l’audience, des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés à Ankara pour soutenir leur leader Özgür Özel, élu à la tête du CHP après l’éviction de Kemal Kilicdaroglu. « Ce procès est politique, les allégations sont calomnieuses. C’est un coup d’État et nous résisterons », a martelé Özel face à la foule, accusant le président Recep Tayyip Erdogan de vouloir gouverner « par l’oppression plutôt que par les urnes ».

Si la justice venait à annuler les résultats du congrès, Özel pourrait être démis de ses fonctions au profit de son prédécesseur, longtemps critiqué pour ses défaites électorales. L’acte d’accusation vise aussi Ekrem Imamoglu, le maire d’Istanbul, déjà incarcéré en mars dernier, et prévoit jusqu’à trois ans de prison pour plusieurs cadres du parti. Cette procédure, dénoncée par les observateurs comme une tentative de neutraliser l’opposition, a déjà ébranlé la Bourse d’Istanbul, qui a chuté de 5,5 % après une décision similaire concernant la branche locale du CHP début septembre.

Le contexte politique tendu s’explique aussi par la dynamique électorale du parti social-démocrate, qui a infligé une cuisante défaite à l’AKP d’Erdogan lors des municipales de 2024 et enregistre une popularité croissante. Pour ses partisans, l’enjeu dépasse la simple survie de leur parti : il s’agit de préserver l’existence même d’une démocratie pluraliste en Turquie.

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