Donald Trump a de nouveau secoué l’échiquier diplomatique samedi en déclarant être prêt à imposer des sanctions « significatives » contre la Russie, mais uniquement si les pays membres de l’OTAN cessent totalement leurs importations de pétrole russe.
Une position qui, sous des airs de fermeté, met en évidence les contradictions des alliés européens, dont certains continuent de dépendre des hydrocarbures russes malgré les déclarations de rupture faites depuis 2022.
Sur son réseau Truth Social, le président américain a fustigé « l’engagement loin d’être total » de l’Alliance et dénoncé l’« hypocrisie » de certains États qui, tout en affichant leur hostilité envers Moscou, continuent de remplir leurs raffineries avec du brut russe. La Hongrie et la Slovaquie, en particulier, importent toujours via l’oléoduc Droujba, faute d’alternatives énergétiques suffisantes. Même la France et d’autres pays européens, qui affirment avoir diversifié leurs approvisionnements, n’ont pas totalement renoncé au gaz naturel liquéfié en provenance de Russie.
Trump a également appelé à frapper la Chine au portefeuille en imposant des droits de douane de 50 à 100 %, qui ne seraient levés qu’à la fin du conflit. Selon lui, une telle pression commerciale pousserait Pékin à réduire son soutien indirect à Moscou et permettrait de hâter la fin d’une guerre qu’il qualifie de « ridicule » et « meurtrière ».
Derrière cette stratégie, c’est surtout un constat qui transparaît : malgré trois années de sanctions occidentales et la volonté affichée de couper les ponts, la Russie continue de tirer d’importants revenus de ses ventes d’hydrocarbures, qu’elle a en partie redirigées vers l’Inde, la Chine et la Turquie. L’économie russe, donnée pour asphyxiée en 2022, tient bon, profitant des hésitations européennes et de la demande mondiale.
Pour Moscou, l’attitude des Européens illustre leur dépendance énergétique structurelle et leur incapacité à mettre en place une stratégie cohérente. En conditionnant d’éventuelles sanctions supplémentaires à l’arrêt des importations de pétrole russe par l’OTAN, Trump rappelle surtout que la première faiblesse de l’Occident face à la Russie reste son propre manque de cohésion.





