Les nouvelles venues d’Iran sont glaçantes. Cécile Kohler, ressortissante française emprisonnée depuis mai 2022 aux côtés de son compagnon Jacques Paris, est « à bout de forces », selon un communiqué publié samedi par son comité de soutien.
Après plus de deux mois sans signe de vie, elle a pu échanger quelques minutes par téléphone avec sa mère, sous étroite surveillance, confirmant l’extrême gravité de sa situation.
Arrêtée lors d’un voyage présenté comme touristique, Cécile Kohler est accusée par Téhéran d’« espionnage pour le Mossad », de « complot pour renverser le régime » et de « corruption sur Terre ». Des chefs d’accusation lourds, régulièrement brandis par les autorités iraniennes contre des étrangers, qui voient dans ces détentions un moyen de pression diplomatique. Initialement emprisonnée à Evin, près de Téhéran, elle a été transférée en juin dernier après des frappes israéliennes, avant de disparaître dans une prison secrète dont le nom n’a jamais été révélé.
Selon son comité, Cécile est privée de ressources matérielles, séparée de son compagnon, et subit une « torture psychologique constante ». Son père et ses proches dénoncent des conditions inhumaines : absence de promenades, privations alimentaires, isolement total. « Ses droits fondamentaux sont bafoués », alerte la mobilisation qui réclame sa libération immédiate et sans condition.
Cette alerte survient alors que les négociations entre Paris et Téhéran semblent entrer dans leur phase décisive. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé jeudi qu’un accord d’échange de prisonniers était proche, visant à libérer des détenus français contre une ressortissante iranienne emprisonnée en France. Mais Paris se refuse à tout commentaire officiel, soulignant la sensibilité extrême du dossier.
Outre Cécile Kohler et Jacques Paris, un Franco-Allemand de 19 ans, Lennart Monterlos, est également détenu en Iran depuis juin, dans un contexte de tensions exacerbées par la guerre éclair ayant opposé Israël et l’Iran cet été. Pour les familles, le temps presse : chaque jour passé derrière les barreaux rapproche un peu plus leurs proches d’un point de non-retour.





